Assurément, il est des coïncidences qui ont une consonance très particulière : être né un jour de fête nationale ne peut pas laisser indifférent, sauf à être un anarchiste invétéré ou un universaliste radical. Pour être tout à fait franc, cela ne change rien au déroulement d’un anniversaire, avec son lot de joie et de bonne humeur (Une pensée particulière pour les amis qui m’ont permis de vivre un des moments les plus agréables de ces derniers mois !), et la sensation grisante d’être apprécié, renforcée par le flot de vœux sur Facebook (comme le hasard et surtout l’informatique font si bien les choses !). Cependant, cela pousse à créer un lien affectif avec la célébration en question, et d’essayer d’en savoir un peu plus surtout quand elle est l’une des plus méconnues… Qui se rappelle donc ce que commémore exactement “ذكرى تقديم وثيقة الاستقلال” (Commémoration de la remise du Manifeste pour l’indépendance) ? Peu de gens, moi inclus. Ceci dit, en puisant plus profondément dans notre mémoire scolaire, on se rappelle que ce fut en 1944, que ce document fut signé par des figures du Mouvement national qui ont désiré, par cet acte, formaliser leurs légitimes revendications. Il est clair que cela n’a pas été d’une utilité pratique, et que seul la résistance armée a poussée la France à considérer sérieusement une indépendance du Maroc, il n’empêche que c’est tout une symbolique que revêt ce document. Symbolique qui, il faut le reconnaître, a aussi été exagérée par l’Istiqlal qui domina la scène politique après l’indépendance, et a probablement servie à essayer de disqualifier les dissidents regroupés dans l’UNFP, en rehaussant le prestige de la première génération des nationalistes.
Nonobstant ce bref en-cas, c’est de la guerre contre Gaza (War on Gaza, الحرب على غزة) que je voudrais le plus parler. Je pose ma position d’emblée : Cette “offensive” comme l’appellent officiels israéliens et médias occidentaux est une véritable guerre d’extermination, destinée à tuer le plus de civils possibles, visant aide humanitaire, ONGs et organisations internationales telle l’UNRWA, et priver les Palestiniens de tous moyens de défense pour pouvoir les humilier encore plus et rendre la construction de leur État quasi-impossible. J’étais peut-être idyllique concernant une paix au Proche-Orient, et je me disais qu’autant Israël que Hamas étaient responsables de la situation, mais je reconnais publiquement et solennellement que j’avais TORT. Non seulement j’ai découvert que les accusations de lâcheté de l’Autorité palestinienne était pour la plupart fondées (la plus grande preuve en est qu’elle avait réprimée une mouvement de “soutien à Gaza” à Bethlehem), mais aussi qu’on ne pouvait pas du tout (alors que j’aurais pu le concéder auparavant) mettre sur le même plan la résistance de Hamas et l’agression caractérisée d’Israël, vu le rapport de force démesurément inégal. Mise à part la dimension islamiste qui instrumentalise la cause palestinienne, j’aurais été à 100% pour le Hamas. Quant à Israël, il n’est plus besoin d’énumérer ses actes criminels, les propos racistes de ses officiel. Et nos dirigeants arabes qui s’inquiètent plus d’un vaguement hypothétique danger iranien que de la situation en Palestine. Il est de notoriété publique que je ne porte pas les islamistes dans mon cœur, mais franchement, comment est-ce que l’Iran menacerait le Maroc, au point que ce dernier s’en réfère, d’une façon pathétique, à des responsables européens ?! Je me suis de plus détourné des médias occidentaux, prompts à défigurer les faits et à offrir naturellement une tribune au discours soutenant Israël, qui n’est heureusement pas majoritaire statistiquement parlant en “Occident”. Et à la fin, ce sont les civils palestiniens (888 morts à l’heure où j’écris) qui, le plus souvent, trinquent, tandis qu’Israël n’a aucun mal à assumer ses actes barbares, puisque les États-Unis sont à leurs côté. Et vu que Obama est malheureusement pro-Israël, ça ne risque pas de se changer de si peu…
En dire plus, analyser en détail, ou reporter et juger chaque fait de cette guerre m’est hors de portée. Je vous conseille pour cela l’excellent blog d’Ibn Kafka, qui s’est entièrement dévoué à la tâche. Et, plus important que les mots, je ne puis que vous inviter à faire ceci :
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PS 1 : Je m’en veux de ne pas avoir traité de Gaza plutôt, mais c’était sans compter sur les évaluations qu’on avait, et ma tendance naturelle à la paresse…
PS 2 : Je vous souhaite une excellente nouvelle année amazighe, qui pour rappel commence le 12 janvier. Assugass Mbarki, happy new Amazigh Year 2959, folks !