Publié par : Spy Jones | juin 18, 2009

Joyful, though partially unsatisfied

Comme vous le savez probablement, les résultats du Baccalauréat cru 2009 ont été rendus publics hier (le 17), d’abord par SMS (surtaxé) à partir de 15h, ensuite par Internet et par affichage aux lycées. Il faut dire que j’avais passé cette journée à tuer le temps et à consulter frénétiquement le site. Je me sentais très mal en point, et je n’arrêtais pas de penser à une très mauvaise surprise. Je vous épargne les détails de ma manie à envisager les pires scénarii, et je rentre dans le vif du sujet : J’ai obtenu mon baccalauréat sciences mathématiques -A- avec mention Bien  (15.98 de moyenne). Voilà qui est dit !

Ma première réaction (inhabituelle, me direz-vous) fut : “Merde, j’ai raté de peu la mention Très bien”. En même temps je n’ai pas EXPLOSE de joie, même si j’était très content. La faute à mon coeur de pierre certainement, mais aussi à l’imaginaire populaire qui veut qu’obtenir le Bac soit un saint Graal. C’est le fait de ne pas l’obtenir qui est plutôt une nakba, une catastrophe, si vous voulez mon avis.

Bref, passé la première période, on envoie un autre SMS pour recevoir les notes, et là c’est la déception : 14.75 en maths ! Je savais que je l’avais pas bien passé, mais pas à ce point là… Never mind, Dieu merci, les autres notes étaient très bonnes 16 en physique-chimie, 14.5 en philo (première note de ma classe :P   dans la matière qui est souvent une savonette sur laquelle “glissent” littéralement les élèves) , 18.5 en anglais (je vous l’avais dit qu’elle était débile l’épreuve, hein ?), et 15.25 en SVT (hyper dur l’épreuve là, mais je m’en suis bien sorti hamdoullah).

Et après ? Bien que je serais probablement présélectionné pour l’ENSA de Tanger (ndlr: Ecole Nationale des Sciences Appliquées, école d’ingénieurs avec classes prépas intégrées), l’école Nationale des Arts et Métiers de Meknès, l‘école nationale d’Architecture de Rabat, et la faculté de médecine à Casa -en attendant leurs concours respectifs-, je suis très “limite” concernant les classes prépas, et j’ai peur de les rater à cause de ma note de maths. Mais il parait que le niveau général était très bas cette année… En attendant, je passe Samedi le concours de l’université Al Akhawayn à Ifrane (AUI), lequel consiste essentiellement en un TOEFL, et un test d’admission comprenant des épreuves de maths, français et culture générale, avec pour principal adversaire le temps. Souhaitez-moi bonne chance !

PS : Désolé de ne pas avoir posté de billet sur les communales comme promis, mais ces derniers jours c’était vraiment le cadet de mes soucis :)

Publié par : Spy Jones | juin 9, 2009

Blues and Greens up, Orange and Pink down

It may be too simplist, but that’s what the results were like last Sunday, when European citizens went to cast the ballots of European Elections all across the 27 countris. Actually, just 43.55 % of them voted, deepening the abstention ratio, probably due, according to French media, to the feeling that some people have : “Brussels is far away from our daily life”. Well, they don’t know what they’re missing, since major economic decisions are made by the European Commision, under the control of European Parliament. So those MPs take part into the major guidelines of the economy and laws of the Union. Besides, European elections are not so mediatized, and some haven’t even heard anything about them. Finally, some parties try to turn it out to a national debate, and focuse only on national concerns, which can sometimes upset people, tired of politicians continuous arguments.

Personnally, I could only follow the debate in France. The main lists that were battling in 8 circonscriptions for the 72 seats were : UMP-Nouveau Centre (presidential majority), PS, MoDem, Europe Ecologie, Front de gauche, Nouveau parti anticapitaliste, Front National, Lutte Ouvrière, Libertas. I especially watched a debate called “A vous de juger”, shown on France 2 and moderated by Arlette Chabot. The idea was to confront the two big parties UMP vs. PS, then Europe-écologie vs. MoDem, Front de Gauche vs. NPA and FN vs. Libertas. I had previously some sympathy to both the NPA and Front de Gauche, as I got turned out from the PS after watching its pathetic collapse. Olivier Besancenot is someone I listen to very carefully, and I agree with his combat to defend workers against the arrogant ccorporations that pump money for the State and release an increasing numbers of employees, paying the rest just enough to live. The Front de Gauche, in the other is somewhat more strucutured, and makes elaborate propositions. The PS also tries to show as extremely criticizing the economically liberal policies of UMP, but it doesn’t convince so much people. Here is the topo : the Left, although in accordance with the people’s majority, is extremely divided, while the UMP unfies the right, discreditting FN and Libertas, which seem like “groupuscules”. I think I don’t have to mention that I can’t stand Bayrou of the MoDem, also known as the best “double langage” practicer. Furthermore, he disgusted me, when he brutally insulted Daniel Cohn-Bendit from Europe Ecologie.

Last Sunday, the results were announced gradually, and as minutes passed, the rate of votes for the PS continuously shrank, becaming equal to that of Europe Ecologie which has realized an excellent performance (directed mainly by Daniel Cohn-Bendit, Eva Joly and José Bové). Une sacrée déculottée ! The MoDem also was terribly destroyed making only 8 % … Some “mauvais perdants” like that racist LePen who invoked the film “Home” as an electoral bias, but let’s make it clear : Europe Ecologie has got so many votes, because it did a good campaign, a campaign on European matters, not on old stupid shit genre : “Immigrants are taking our work”. Adding to that, UMP was [unfortunately] the biggest winne, getting 28% of the votes. Here are the detailed results, compared to those of 2004, alongwith the results in the wole European Union:

PS : I dont know why but our municipal elections are really less inspiring to me. Probably because there is no real goal, and things will keep going on as usual… but I promise I’ll write a post on that event !

Publié par : Spy Jones | juin 6, 2009

Back on !

Six mois d’absence, pendant lequelles je me préparais (prétendument, car j’ai plutôt relu toute ma bibliothèque au lieu de bosser plus sérieusement que d’habitude…) à une échéance que je qualifierais bien de cruciale -un 0.5 point en exam de maths peut complètement changer votre parcours d’étudiant. Maintenant que l’ouragan est passé, comprenant exhaustivement un exam de maths un peu trop long – ou alors c’est moi qui me suis découvert un côté “snail” -, un exam de SVT incompréhensible, un exam de physique-chimie inhabituel -je l’ai bien aimé celui-là-, et enfin un exam de philo à la portée, et un exam d’anglais débile. Maintenant que je suis libre de tous engagements scolaires, disais-je, je pourrais me remettre à bloguer.

Cependant, pour ce billet faisant office d’intermède, je ne livrerais pas mon analyse des élections communales au Maroc, ni des européennes. Je ne prendrais pas position sur le discours d’Obama en Egypte (mais je le ferais dans un prochain billet). Pour ce billet, je partagerais seulement avec vous un coup de coeur : j’ai nommé le film “Home” de Yann Arthus-Bertrand, un plaidoyer pour la sauvegarde de notre planète doublé d’un chef d’oeuvre visuel, des images vraiment époustouflante, à vous couper le souffle. J’ai rarement vu un documentaire sur la nature aussi captivant et réussi. Et vu qu’il distille en même temps des constatations scientifiques alarmantes sur le climat, des points de vues sur la manière de traiter les grandes problèmatiques écologiques, je prédis même que son impact sera au moins aussi important que celui de “An Inconvenient Truth” d’Al Gore, sinon plus, grâce à ses scènes spectaculairement belles. Il faut dire que le projet de film gratuit (disponible en ligne sur Youtube) et diffusé simultanément partout dans le monde, et surtout l’énorme buzz médiatique qui l’a précédé, sont autant d’atouts à mettre à son crédit.

Watch the movie, it’s really worth it !

Publié par : Spy Jones | janvier 30, 2009

Halfway, and how confusion sucks…

At the end of semester, it’s usually time to review the past’s achievements and mistakes, and to make the point over future perspectives. Still, it’s difficult to do that when you can’t even have a break, bothered like me by some stupid red-tape formalities, necessary to apply for French CPGE.

Talking about bureaucracy, I finally got over ours, the genuine Moroccan one, materialized in “Al-Amn Al-Watani”. So, did I say, I finally took my national card, after a six-months fight . You know, we should always be proud of our police, and keep it’s achievements as a proof of civilizational advance. Right now, I can see you staring at me, and shouting “Since what ??”. Since it’s the ONLY administration in the world where this fact could happen : Two guys are applying for the national identity card. The first submits his papers on November 19th. The second submits them on December 31th. Guess who get his CIN first ? The second !!

Isn’t it incredible ? Don’t bother thinking of a coincidence, I checked it out. And last time I checked, there could’nt possibly be any reasonable explanation to this fact, unless you admit randomness… A more hazardous fact is that they didn’t even print my address correctly (replacing a ‘d’ with a ’s’). After all that, they show up on TV with confindence and self-satisfaction saying that “a progress has been made, blabla…”. You’ve no idea !  :D

Back to France’s tricky procedures, I would have told you my story if it wasn’t boring that much. Just keep in mind that I can’t anymore apply for any French institution for this year, due to the lack of information… Their telephonic standard works practically once a week, their e-mail answers are stereotyped. Never mind, I didn’t really consider the alternative of studying there from now, it was more like a backup plan. Now, I’m focused on having good marks at the National exam, especially in maths and physics. Wish me good luck, buddies !

This bill won’t be complete if I don’t talk, even a little bit, about politics. Let’s see then :

  • At a national scale, M6 has been struggling to explain his decision of not being at Doha’s summit. He tried to look like a refuznik, criticizing Arab leaders and calling for an effective support to Palestinians. Well, stopping relations with Venezuela is a good start ! :) .
  • More recently, PJD’s crisis (71 members leaving it, the unsure situation of Meknes mayor Boubker Belkora)  is showing how much the party is affected, even if it’s not gangrened like other parties.
  • As a friend of mine told me, Simon Levy, a member of the PPS, was invited by Abdessamad Bencherif at “Tayyarate” on 2M, and charged Hamas of being responsible of Gaza’s war ! He legitimated Israeli attacks and briefly confirmed that “Jews all over the world should help their brothers in Israel”. What a shame ! I know there are Moroccan Jews that are supporting Gaza  like Sion Assidon, but are they majority or minority ? A poll would have helped, though it could be so dangerous…
  • I truly appreciated Erdogan’s argument with Peres, that children slaughterer. Erdogan was so self-confident in front of Peres harsh attacks, defending Palestinians of Gaza…

PS : For those who are interested, my semester’s marks were excellent, thank God ! Even if a teacher’s daughter had her marks rised up so she was ranked the first… The kind of injustices that you find exclusively in Morocco, I’m afraid. :(

Publié par : Spy Jones | janvier 12, 2009

11 Jan. : A national and personal day / Meanwhile, Gaza under war

Assurément, il est des coïncidences qui ont une consonance très particulière : être né un jour de fête nationale ne peut pas laisser indifférent, sauf à être un anarchiste invétéré ou un universaliste radical. Pour être tout à fait franc, cela ne change rien au déroulement d’un anniversaire, avec son lot de joie et de bonne humeur (Une pensée particulière pour les amis qui m’ont permis de vivre un des moments les plus agréables de ces derniers mois !), et la sensation grisante d’être apprécié, renforcée par le flot de vœux sur Facebook (comme le hasard et surtout l’informatique font si bien les choses !). Cependant, cela pousse à créer un lien affectif avec la célébration en question, et d’essayer d’en savoir un peu plus surtout quand elle est l’une des plus méconnues… Qui se rappelle donc ce que commémore exactement “ذكرى تقديم وثيقة الاستقلال” (Commémoration de la remise du Manifeste pour l’indépendance) ? Peu de gens, moi inclus. Ceci dit, en puisant plus profondément dans notre mémoire scolaire, on se rappelle que ce fut en 1944, que ce document fut signé par des figures du Mouvement national qui ont désiré, par cet acte, formaliser leurs légitimes revendications. Il est clair que cela n’a pas été d’une utilité pratique, et que seul la résistance armée a poussée la France à considérer sérieusement une indépendance du Maroc, il n’empêche que c’est tout une symbolique que revêt ce document. Symbolique qui, il faut le reconnaître, a aussi été exagérée par l’Istiqlal qui domina la scène politique après l’indépendance, et a probablement servie à essayer de disqualifier les dissidents regroupés dans l’UNFP, en rehaussant le prestige de la première génération des nationalistes.

Nonobstant ce bref en-cas, c’est de la guerre contre Gaza (War on Gaza, الحرب على غزة) que je voudrais le plus parler. Je pose ma position d’emblée : Cette “offensive” comme l’appellent officiels israéliens et médias occidentaux est une véritable guerre d’extermination, destinée à tuer le plus de civils possibles, visant aide humanitaire, ONGs et organisations internationales telle l’UNRWA, et priver les Palestiniens de tous moyens de défense pour pouvoir les humilier encore plus et rendre la construction de leur État quasi-impossible. J’étais peut-être idyllique concernant une paix au Proche-Orient, et je me disais qu’autant Israël que Hamas étaient responsables de la situation, mais je reconnais publiquement et solennellement que j’avais TORT. Non seulement j’ai découvert que les accusations de lâcheté de l’Autorité palestinienne était pour la plupart fondées (la plus grande preuve en est qu’elle avait réprimée une mouvement de “soutien à Gaza” à Bethlehem), mais aussi qu’on ne pouvait pas du tout (alors que j’aurais pu le concéder auparavant) mettre sur le même plan la résistance de Hamas et l’agression caractérisée d’Israël, vu le rapport de force démesurément inégal. Mise à part la dimension islamiste qui instrumentalise la cause palestinienne, j’aurais été à 100% pour le Hamas. Quant à Israël, il n’est plus besoin d’énumérer ses actes criminels, les propos racistes de ses officiel. Et nos dirigeants arabes qui s’inquiètent plus d’un vaguement hypothétique danger iranien que de la situation en Palestine. Il est de notoriété publique que je ne porte pas les islamistes dans mon cœur, mais franchement, comment est-ce que l’Iran menacerait le Maroc, au point que ce dernier s’en réfère, d’une façon pathétique, à des responsables européens ?! Je me suis de plus détourné des médias occidentaux, prompts à défigurer les faits et à offrir naturellement une tribune au discours soutenant Israël, qui n’est heureusement pas majoritaire statistiquement parlant en “Occident”. Et à la fin, ce sont les civils palestiniens (888 morts à l’heure où j’écris) qui, le plus souvent, trinquent, tandis qu’Israël n’a aucun mal à assumer ses actes barbares, puisque les États-Unis sont à leurs côté. Et vu que Obama est malheureusement pro-Israël, ça ne risque pas de se changer de si peu…

En dire plus, analyser en détail, ou reporter et juger chaque fait de cette guerre m’est hors de portée. Je vous conseille pour cela l’excellent blog d’Ibn Kafka, qui s’est entièrement dévoué à la tâche. Et, plus important que les mots, je ne puis que vous inviter à faire ceci :

PARTICIPEZ A LA COLLECTE DE MEDICAMENTS POUR GAZA

PS 1 : Je m’en veux de ne pas avoir traité de Gaza plutôt, mais c’était sans compter sur les évaluations qu’on avait, et ma tendance naturelle à la paresse…

PS  2 : Je vous souhaite une excellente nouvelle année amazighe, qui pour rappel commence le 12 janvier. Assugass Mbarki, happy new Amazigh Year 2959, folks !

Publié par : Spy Jones | décembre 26, 2008

“Ze english of aour dear ministre”

Nouzha Skalli, ministre du développement social, de la famille et de la solidarité, s’exprimant devant un parterre d’étudiants aux États-Unis, et voici ce que ça donne :

http://www.facebook.com/video/video.php?v=1022460874573&oid=14444387994&ref=nf

(Désolé pour ceux qui ne sont pas inscrits sur Facebook, je n’ai pas su comment la poster sur WordPress)

Au lieu de s’obstiner, provoquant du même coup son humiliation et risquant que son auditoire n’y pipe mot, n’aurait-elle pas dû recourir plutôt au service d’un traducteur ? Décidément, la logique de nos responsables gouvernementaux m’échappera toujours…

PS : Je profite de ce dernier billet de l’année pour vous souhaiter à toutes et à tous, chers lecteurs, une merveilleuse année 2009 avec mes meilleurs vœux, et merci pour votre assiduité heureusement indépendante de la mienne !

Publié par : Spy Jones | décembre 11, 2008

Reading, just reading, nothing but reading

Lire. Cette action ponctue, depuis bientôt quinze ans, ma vie qui serait sinon un vide sidéral. Et c’est en ce moment, ce que je fais de plus intéressant, entre un exercice de maths et un autre de physique, ou alors juste avant de m’endormir 2 ou 3 heures avant l’aube. Cette satanée télé constitue certes un attrayant divertissement, mais rien ne vaut la jubilation que l’on ressent en s’isolant dans sa chambre et en se plongeant dans un bon roman, après une journée harassante. Parallèlement, c’est à un autre genre de plaisir intellectuel que vous invite un essai, le plus souvent politique ou historique dans mon cas, et qui change de la désinformation scolaire ou médiatique, ou de l’appât si exaspérant des clichés, généralisations hâtives et autres préjugés…

Seulement voilà, il arrive que s’amoncellent les livres commencés, et la spirale de l’abandon guette alors chacun de ces livres qui s’entassent dans une pile forcément aléatoire. Pourtant, là ne réside pas mon vrai défaut, qui est plutôt l’absence de prise de notes. Est-ce dû à ma flemme légendaire ? Ou est-ce normal, puisque la lecture perdrait son côté reposant ? Ce n’est pas un excuse valide, toujours est-il que je n’ai jamais pu prendre note de ce que je lisais, et que des trésors de sagesse et d’informations glanés ici et là sont balayés par la mousson de l’oubli.

Toute cette introduction n’aura eu pour but, en plus d’élever le niveau de langue du présent blog, qu’à présenter cette revue (maigrichonne comme le mouton qu’on a égorgé hier) des principaux livres que je lis actuellement :

  • “Un siècle pour rien : Le Moyen-orient arabe de l’Empire ottoman à l’Empire américain” : D’emblée, je précise qu’il m’a été conseillé puis offert par une amie très chère qui se reconnaîtra, et que je ne remercierais jamais assez. Car, pour l’inconditionnel d’histoire contemporaine que je suis, j’ai pu me former une idée précise sur la plupart des évènements du XXème siècle concernant le monde arabe, et qu’à ma grande honte je ne connaissais que si peu. Sous la forme d’une discussion entre Gérard Khoury, historien franco-libanais, Ghassan Tuéni, diplomate et politicien libanais, et Jean Lacouture, écrivain français, ce livre traite avec lucidité et objectivité, avec force détails utiles, les périodes suivantes : la Nahda avant 1914, la révolte arabe (1916-1920), la décennie 1948-1958, le nassérisme, la guerre civile au Liban 1975-1990, l’après-guerre, les années 90 et enfin l’immédiat après-11-septembre. Vu que je n’ai pas pris de notes, je ne pourrais pas analser méthodiquement le livre, mais simplement dérouler mes impressions et mes opinions, à la lumière de ce dont je me rappelle ( j’ai fini de le lire il y a deux semaines) :
    Tout d’abord, j’ai appris beaucoup d’informations au sujet de la Nahda, surtout au niveau politique avec la volonté d’émancipation des Libanais, des Syriens et des Égyptiens du joug ottoman, avec des courants révolutionnaires parrallèles à ceux de Turquie. En même temps un nationalisme juif émergeait parmi les juifs vivant sous l’Empire ottoman, à l’opposé des chrétiens qui assumaient pleinement leur arabité.
    Ensuite, l’éclatement de la révolte arabe, les promesses non-tenues de l’Angleterre et de la France, sur fond d’instabilité politique et d’incertitudes identitaires, et concurremment au début de l’établissement d’un foyer juif en Palestine. Ensuite, on met en exergue les réactions arabes à la proclamation d’Israël, qui se caractérisent autant par leur aspect va-t-en-guerre et dramatique, en l’absence de diplomatie efficace et convaincante, et à la fois par un immobilisme du à la veulerie des dirigeants arabes de l’époque. Le trio s’est attardé longuement sur Nasser et a analysé le discours et l’idéologie sous-jacente de ce dirigeant, en montrant que ce politique était quand même très réaliste, et qu’il n’a pas voulu d’unité arabe alors même qu’il était plébscité partout, rebuté par l’énormité de la tâche. Ils en viennent ensuite à la guerre civile libanaise qu’ils considèrent en gros comme une “guerre pour les autres”, par factions libanaises interposées, les autres étant en l’occurrence les Syriens, les Palestiniens et les Israéliens. Et après une (relativement) brève évocation de la première guerre du Golfe, ils analysent les perspective d’avenir du monde arabe par rapport aux projets américains, pendant que le terrorisme émerge bruyamment. Le livre est publié en 2001, il ne comporte donc ni guerre d’Afghanistan, ni guerre d’Irak, encore moins la quasi-sécession du Hamas. C’est là le seul inconvénient d’un livre très enrichissant et objectif, et qui m’a personnellement beaucoup plu.
  • “Al-haqiqa al-gha’iba” (La vérité absente) de Faraj Fouda : Un livre qui démonte la rhétorique islamiste selon laquelle l’établissement d’un califat réglerait une fois pour toute les problèmes politiques. L’auteur se réfère aux trois période se réclamant du califat (les bien-dirigés, les Omeyyades, et les Abassides) afin de montrer que le là ou le politique a pris le pas, le religieux s’est effacé et vice-versa (le clivage Ali/Mouâouiya) et évoquant en passant le fait que les califes bien-dirigés ont fait preuve d’un ijtihad radical et résolument réaliste, en abrogeant les hudud ou en coupant les vivres aux mutalifat qulubuhum. S’il ne brille pas la qualité logique de sa démonsration, l’essai est toutefois une source d’évènements peu reluisants, et qui incline à réfléchir sur la séparation politique/religieux comme une séparation nécessaire et naturelle.
    L’auteur, assassiné par des islamistes égyptiens en 92, est connu pour sa critique virulente. Pourtant, j’ai trouvé ce livre bien modéré, et n’étant même pas ouvertement prononcé pour la laïcité. Comme quoi, ne faut-il jamais se fier aux intégristes, qui prennent un malin plaisir à déformer les opinions de leurs détracteurs.
    En somme, ce n’est pas une critique complète et rigoureuse de l’islamisme, mais on y trouvera des éléments historiques très méconnus, et l’on voit sûrement d’un œil nouveau la période du califat, où la cupidité et la soif de pouvoir a pris le pas sur tout le reste, et où même des fuqaha-s connus aujourd’hui pour leur piété et leur dévotion, n’avaient pas réagi face à des atrocités qui dépassent l’entendement.
    Je souligne enfin que c’est notre prof de philosophie qui a fait circuler ce livre parmi nous, élèves de sa classe. Qu’il en soit vivement remercié !
  • “Dune” de Frank Herbert : C’est le roman que je lis avant de me coucher. De la pure science-fiction avec un monde-univers déroutant, mais dont l’intrigue permet d’adoucir la sensation de dépaysement. Axé politique, puisque le noeud de l’intrigue est une querelle entre deux clans pour une planète-fief d’une importance capitale. C’est aussi un savant mélange de religion, de mythologie, de stratégie militaire et d’organisation sociale, dans une ambiance “Moyen-âge futuriste” . A lire absolument, pour les amateurs  de SF.

PS : Mabrouk l’Aid à tout le monde ! C’est un peu tard je sais, mais bon… J’allais quand même pas en faire tout un billet.

PS 2 : Je découvre incrédule ceci. Et dire qu’il  y en a encore qui rêve d’unité arabe ! Je cours voir comment créer une Wikipédia en darija marocaine….

Publié par : Spy Jones | décembre 1, 2008

How dumb a teacher can be…

Dans la lignée des dénonciations ici et , je vous propose cet incident véridique qui m’est arrivé aujourd’hui même et que je ne suis pas prêt d’oublier de si peu…

Notre prof d’arabe, une dame maniérée et très temperemental avait déjà eu l’occasion de m’éblouir par sa culture, comment dire… originale. Figurez vous que selon elle, les Etats-Unis sont composés à 70% de Juifs (Eurêka, c’est donc pour ça que les USA soutiennent inconditionnellement Israël ! ), que la laïcité (al îlmaniya, en VO) est une sorte d’athéisme scientiste, que la langue amazigh n’est qu’un dialecte de l’arabe, tout comme peuvent l’être les dialectes marrakchis ou fassis…

Mais c’est aujourd’hui qu’elle assène le coup de grâce à son image déjà transfigurée. “Marx est un capitaliste”, ça pourrait passer pour une blague, ça n’en est pas une. Éructée pour nier que Marx est un des pionniers du socialisme (ce que je lui ai dis), cette phrase est suivie d’une autre qui attribue le socialisme au seul Lénine (”N’a-t-elle jamais entendu parler de marxisme-léninisme”, a rétorqué à juste titre mon père ?), alors que le “communisme” est à mettre à l’actif de Mao Zedong, dit-elle.

Je suis resté interloqué, n’ayant aucune envie d’entrer en conflit avec cette ignare dont la moue dédaigneuse n’a d’égal en laideur que son regard inquisiteur. Je laissai tomber, et songeai tristement dans mon coin : “For God’s sake, where the hell was she, when they had philosophy and history classes at high school and university ?? Comment ça se fait-il qu’elle soit plus ignorante qu’un élève de première Bac, et qu’est-ce qu’elle fout encore à son poste ???”

Navrant…

Publié par : Spy Jones | novembre 21, 2008

Critique du film “Mensonges d’Etat” de Ridley Scott

Mon “silence” étant autant, sinon plus, dûe à un manque chronique d’inspiration qu’à une hypothétique surcharge de travail, ce n’est pas cette critique (commanditée par notre prof de français) qui va combler le vide. Néanmoins, je consacrerais volontiers la deuxième partie du billet à de rapides coups de gueule.

Fiche descriptive :

18991670_w434_h_q80

Nationalité : Film américain
Genre : Thriller, espionnage.
Nom du réalisateur : Ridley Scott
Autres films produits par le réalisateur : Alien, Blade Runner, Gladiator, Kingdom of Heaven, American Gangter.
Acteurs jouant dans le film : Leonardo DiCaprio, Russel Crowe, Mark Strong, Golshifeth Farahani
Où se passe l’action : Jordanie principalement, Pays-Bas, Etats-Unis
Temps de l’action : présent.
Durée du film : 2h08min

Appréciation personnelle du film :

Déconcertant, c’est le moins qu’on puisse dire du début du film qui nous plonge sans sursis dans un environnement hostile, en Jordanie. On comprend très vite dès lors qu’il s’agit avant tout d’un film d’action, traitant de l’épineuse question du terrorisme. Et c’est à partir du postulat de la guerre contre le terrorisme qu’est bâti le scénario.

Rythme rapide et actions enchaînées accrochent le spectateur, si bien qu’il peut parfois avoir des difficultés à démêler l’enchevêtrement des faits. Malgré ce petit bémol, le scénario est bien ficelé et comprend de nombreux rebondissements ponctués par quelques rares ralentissements narratifs (la scène où Roger Ferris, le héro, est invitée par la famille d’Aïcha, par exemple). Ainsi, Les intrigues retorses et complètement imprévisibles laissent planer un suspense que les amateurs apprécieront, quitte à froisser les autres.

Concernant le traitement de la problématique, le film s’éloigne de l’amalgame courant en Occident entre terrorisme et Islam, ce qui transparait à travers le héros qui oppose aux versets cités par les extrémistes, leur interprétation contextuelle. Les attentats-suicides et autres actes de terreur sont démystifiés, et présentés comme étant inhérents même à la nature de ces nébuleuses extrémistes, et le metteur en scène évite de s’attarder sur leurs motivations. Plus encore, il appuie le fait que certains attentats soient tout simplement des barbouzeries de services secrets. Sauf que l’impression de déjà-vu n’a pas été complètement éliminée, vu que beaucoup de faits relatés correspondent peu ou prou à la réalité telle qu’elle nous est rapportée par les médias.

Politiquement, le film semble chercher un compromis entre les discours lénifiant de l’administration américaine sur le contre-terrorisme, et la dénonciation radicale de l’interventionnisme US. Le héros campe ici, l’agent de la CIA, arabisant, parfaitement au courant des mentalités locales, et agissant avec raison et prudence, en opposition à ses supérieurs coupés du terrain, dont la vision ne peut être que superficielle. Il se rebellera même contre eux aux moments où ils décident de “lâcher” l’appât humain qu’ils avaient mis en place. Suite à cela, Ferris sera capturé et sauvagement torturé (les images avaient été trop explicites, à mon goût) puis délivré par une opération de son agence. Un autre axe important sera la collaboration avec les services secrets jordaniens, une collaboration que Ferris essaiera de consolider moralement en instaurant un climat de confiance, sapé inopportunément par des opérations parallèles dont il n’était pas au courant. On peut relever enfin une “gaffe” mémorable dans le scénario, c’est au moment où Ferris s’indigne de la torture employée par les Jordaniens, alors qu’en réalité, il est de longue notoriété que les Américains y recourent aussi, à Guantanamo, comme à Abou Ghraïb. Moins grave certes, mais notable tout de même, les décors censés représenter la Jordanie (tandis que la film a été tourné au Maroc) trahissent le manque d’authenticité. De plus, le dialecte utilisé parfois est plus marocain que jordanien, et cela déteint négativement sur les dialogues plutôt réussis.

Bref, un film globalement plutôt réussi, surtout d’un point de vue technique, et je l’aurais considéré comme excellent, si ce n’étaient quelques défauts “de finition”.

Et maintenant, mes coups de gueule du moment :

  • “La gauche décline”, et ce partout dans le monde. La social-démocratie s’est essouflée, à force de compromis et de demi-mesures, laissant à la droite des voix à glaner. Partout en Europe, on assiste à une dégringolade des partis de gauche, même avec la crise économique qui devait leur profiter, car semble-t-il, les partis de droite s’emparent des projets de réformes et les mettent à leur actif.
  • Au Maroc, l’USFP rate le coche. Les congressistes élisent ainsi un certain Abdelouahed Radi, le plus ancien parlementaire perpétuel du Maroc, connu pour avoir été en excellents termes avec Driss Basri &co. Quoiqu’il sera obligé de tenir compte du document qui dresse un constat réaliste de la situation politique et requiert des réformes constitutionnelles (ce que reprend le bilan du congrès), on ne peut que douter de sa capacité à prendre de telles positions radicales. Bon Dieu,  mais c’est un septuagénaire tout de même ! Ce congrès aurait tout de même été une réussite, dit-on…
Publié par : Spy Jones | novembre 5, 2008

And the winner is…

…Barack OBAMA !

Awesome ! Wonderful ! Totally outstanding… Let’s see why :

First, the reason why I was so impressed is that Americans aren’t racist anymore, otherwise he would’nt have been elected. To see racial barreers collapse is simply historical, you can’t hide that side of the issue.

Of course he’s not pro-Palestinian, but who is US ? Except some marginalized intellectuals, no Western politician can be pro-Palestinian. You would argue that he should respect the UN decisions at least, for East-Jerusalem for example. Alright, and if he allows Israel to maintain its savage policy, I’ll be the first to criticize him. But until then, I’d rather have a good opinion of him. Same logic can be followed about his positions on “War on Terror”.

For other aspects of foreign policy, and economy, though, I agree with his ideas, and I don’t think he wouldn’t implement what he said, whatever how much time it will take.

You can read the speech he gave yesterday, after his victory was confirmed :

If there is anyone out there who still doubts that America is a place where all things are possible; who still wonders if the dream of our founders is alive in our time; who still questions the power of our democracy, tonight is your answer.

It’s the answer told by lines that stretched around schools and churches in numbers this nation has never seen; by people who waited three hours and four hours, many for the very first time in their lives, because they believed that this time must be different; that their voice could be that difference.

It’s the answer spoken by young and old, rich and poor, Democrat and Republican, black, white, Latino, Asian, Native American, gay, straight, disabled and not disabled – Americans who sent a message to the world that we have never been a collection of Red States and Blue States: we are, and always will be, the United States of America.

It’s the answer that led those who have been told for so long by so many to be cynical, and fearful, and doubtful of what we can achieve to put their hands on the arc of history and bend it once more toward the hope of a better day.

It’s been a long time coming, but tonight, because of what we did on this day, in this election, at this defining moment, change has come to America.

I just received a very gracious call from Senator McCain. He fought long and hard in this campaign, and he’s fought even longer and harder for the country he loves. He has endured sacrifices for America that most of us cannot begin to imagine, and we are better off for the service rendered by this brave and selfless leader. I congratulate him and Governor Palin for all they have achieved, and I look forward to working with them to renew this nation’s promise in the months ahead.

I want to thank my partner in this journey, a man who campaigned from his heart and spoke for the men and women he grew up with on the streets of Scranton and rode with on that train home to Delaware, the Vice President-elect of the United States, Joe Biden.

I would not be standing here tonight without the unyielding support of my best friend for the last sixteen years, the rock of our family and the love of my life, our nation’s next First Lady, Michelle Obama. Sasha and Malia, I love you both so much, and you have earned the new puppy that’s coming with us to the White House. And while she’s no longer with us, I know my grandmother is watching, along with the family that made me who I am. I miss them tonight, and know that my debt to them is beyond measure.

To my campaign manager David Plouffe, my chief strategist David Axelrod, and the best campaign team ever assembled in the history of politics – you made this happen, and I am forever grateful for what you’ve sacrificed to get it done.

But above all, I will never forget who this victory truly belongs to – it belongs to you.

I was never the likeliest candidate for this office. We didn’t start with much money or many endorsements. Our campaign was not hatched in the halls of Washington – it began in the backyards of Des Moines and the living rooms of Concord and the front porches of Charleston.

It was built by working men and women who dug into what little savings they had to give five dollars and ten dollars and twenty dollars to this cause. It grew strength from the young people who rejected the myth of their generation’s apathy; who left their homes and their families for jobs that offered little pay and less sleep; from the not-so-young people who braved the bitter cold and scorching heat to knock on the doors of perfect strangers; from the millions of Americans who volunteered, and organized, and proved that more than two centuries later, a government of the people, by the people and for the people has not perished from this Earth. This is your victory.

I know you didn’t do this just to win an election and I know you didn’t do it for me. You did it because you understand the enormity of the task that lies ahead. For even as we celebrate tonight, we know the challenges that tomorrow will bring are the greatest of our lifetime – two wars, a planet in peril, the worst financial crisis in a century. Even as we stand here tonight, we know there are brave Americans waking up in the deserts of Iraq and the mountains of Afghanistan to risk their lives for us. There are mothers and fathers who will lie awake after their children fall asleep and wonder how they’ll make the mortgage, or pay their doctor’s bills, or save enough for college. There is new energy to harness and new jobs to be created; new schools to build and threats to meet and alliances to repair.

The road ahead will be long. Our climb will be steep. We may not get there in one year or even one term, but America – I have never been more hopeful than I am tonight that we will get there. I promise you – we as a people will get there.

There will be setbacks and false starts. There are many who won’t agree with every decision or policy I make as President, and we know that government can’t solve every problem. But I will always be honest with you about the challenges we face. I will listen to you, especially when we disagree. And above all, I will ask you join in the work of remaking this nation the only way it’s been done in America for two-hundred and twenty-one years – block by block, brick by brick, calloused hand by calloused hand.

What began twenty-one months ago in the depths of winter must not end on this autumn night. This victory alone is not the change we seek – it is only the chance for us to make that change. And that cannot happen if we go back to the way things were. It cannot happen without you.

So let us summon a new spirit of patriotism; of service and responsibility where each of us resolves to pitch in and work harder and look after not only ourselves, but each other. Let us remember that if this financial crisis taught us anything, it’s that we cannot have a thriving Wall Street while Main Street suffers – in this country, we rise or fall as one nation; as one people.

Let us resist the temptation to fall back on the same partisanship and pettiness and immaturity that has poisoned our politics for so long. Let us remember that it was a man from this state who first carried the banner of the Republican Party to the White House – a party founded on the values of self-reliance, individual liberty, and national unity. Those are values we all share, and while the Democratic Party has won a great victory tonight, we do so with a measure of humility and determination to heal the divides that have held back our progress. As Lincoln said to a nation far more divided than ours, “We are not enemies, but friends…though passion may have strained it must not break our bonds of affection.” And to those Americans whose support I have yet to earn – I may not have won your vote, but I hear your voices, I need your help, and I will be your President too.

And to all those watching tonight from beyond our shores, from parliaments and palaces to those who are huddled around radios in the forgotten corners of our world – our stories are singular, but our destiny is shared, and a new dawn of American leadership is at hand. To those who would tear this world down – we will defeat you. To those who seek peace and security – we support you. And to all those who have wondered if America’s beacon still burns as bright – tonight we proved once more that the true strength of our nation comes not from our the might of our arms or the scale of our wealth, but from the enduring power of our ideals: democracy, liberty, opportunity, and unyielding hope.

For that is the true genius of America – that America can change. Our union can be perfected. And what we have already achieved gives us hope for what we can and must achieve tomorrow.

This election had many firsts and many stories that will be told for generations. But one that’s on my mind tonight is about a woman who cast her ballot in Atlanta. She’s a lot like the millions of others who stood in line to make their voice heard in this election except for one thing – Ann Nixon Cooper is 106 years old.

She was born just a generation past slavery; a time when there were no cars on the road or planes in the sky; when someone like her couldn’t vote for two reasons – because she was a woman and because of the color of her skin.

And tonight, I think about all that she’s seen throughout her century in America – the heartache and the hope; the struggle and the progress; the times we were told that we can’t, and the people who pressed on with that American creed: Yes we can.

At a time when women’s voices were silenced and their hopes dismissed, she lived to see them stand up and speak out and reach for the ballot. Yes we can.

When there was despair in the dust bowl and depression across the land, she saw a nation conquer fear itself with a New Deal, new jobs and a new sense of common purpose. Yes we can.

When the bombs fell on our harbor and tyranny threatened the world, she was there to witness a generation rise to greatness and a democracy was saved. Yes we can.

She was there for the buses in Montgomery, the hoses in Birmingham, a bridge in Selma, and a preacher from Atlanta who told a people that “We Shall Overcome.” Yes we can.

A man touched down on the moon, a wall came down in Berlin, a world was connected by our own science and imagination. And this year, in this election, she touched her finger to a screen, and cast her vote, because after 106 years in America, through the best of times and the darkest of hours, she knows how America can change. Yes we can.

America, we have come so far. We have seen so much. But there is so much more to do. So tonight, let us ask ourselves – if our children should live to see the next century; if my daughters should be so lucky to live as long as Ann Nixon Cooper, what change will they see? What progress will we have made?

This is our chance to answer that call. This is our moment. This is our time – to put our people back to work and open doors of opportunity for our kids; to restore prosperity and promote the cause of peace; to reclaim the American Dream and reaffirm that fundamental truth – that out of many, we are one; that while we breathe, we hope, and where we are met with cynicism, and doubt, and those who tell us that we can’t, we will respond with that timeless creed that sums up the spirit of a people:

Yes We Can. Thank you, God bless you, and may God Bless the United States of America.

Older Posts »

Catégories