Mon “silence” étant autant, sinon plus, dûe à un manque chronique d’inspiration qu’à une hypothétique surcharge de travail, ce n’est pas cette critique (commanditée par notre prof de français) qui va combler le vide. Néanmoins, je consacrerais volontiers la deuxième partie du billet à de rapides coups de gueule.
Fiche descriptive :
Nationalité : Film américain
Genre : Thriller, espionnage.
Nom du réalisateur : Ridley Scott
Autres films produits par le réalisateur : Alien, Blade Runner, Gladiator, Kingdom of Heaven, American Gangter.
Acteurs jouant dans le film : Leonardo DiCaprio, Russel Crowe, Mark Strong, Golshifeth Farahani
Où se passe l’action : Jordanie principalement, Pays-Bas, Etats-Unis
Temps de l’action : présent.
Durée du film : 2h08min
Appréciation personnelle du film :
Déconcertant, c’est le moins qu’on puisse dire du début du film qui nous plonge sans sursis dans un environnement hostile, en Jordanie. On comprend très vite dès lors qu’il s’agit avant tout d’un film d’action, traitant de l’épineuse question du terrorisme. Et c’est à partir du postulat de la guerre contre le terrorisme qu’est bâti le scénario.
Rythme rapide et actions enchaînées accrochent le spectateur, si bien qu’il peut parfois avoir des difficultés à démêler l’enchevêtrement des faits. Malgré ce petit bémol, le scénario est bien ficelé et comprend de nombreux rebondissements ponctués par quelques rares ralentissements narratifs (la scène où Roger Ferris, le héro, est invitée par la famille d’Aïcha, par exemple). Ainsi, Les intrigues retorses et complètement imprévisibles laissent planer un suspense que les amateurs apprécieront, quitte à froisser les autres.
Concernant le traitement de la problématique, le film s’éloigne de l’amalgame courant en Occident entre terrorisme et Islam, ce qui transparait à travers le héros qui oppose aux versets cités par les extrémistes, leur interprétation contextuelle. Les attentats-suicides et autres actes de terreur sont démystifiés, et présentés comme étant inhérents même à la nature de ces nébuleuses extrémistes, et le metteur en scène évite de s’attarder sur leurs motivations. Plus encore, il appuie le fait que certains attentats soient tout simplement des barbouzeries de services secrets. Sauf que l’impression de déjà-vu n’a pas été complètement éliminée, vu que beaucoup de faits relatés correspondent peu ou prou à la réalité telle qu’elle nous est rapportée par les médias.
Politiquement, le film semble chercher un compromis entre les discours lénifiant de l’administration américaine sur le contre-terrorisme, et la dénonciation radicale de l’interventionnisme US. Le héros campe ici, l’agent de la CIA, arabisant, parfaitement au courant des mentalités locales, et agissant avec raison et prudence, en opposition à ses supérieurs coupés du terrain, dont la vision ne peut être que superficielle. Il se rebellera même contre eux aux moments où ils décident de “lâcher” l’appât humain qu’ils avaient mis en place. Suite à cela, Ferris sera capturé et sauvagement torturé (les images avaient été trop explicites, à mon goût) puis délivré par une opération de son agence. Un autre axe important sera la collaboration avec les services secrets jordaniens, une collaboration que Ferris essaiera de consolider moralement en instaurant un climat de confiance, sapé inopportunément par des opérations parallèles dont il n’était pas au courant. On peut relever enfin une “gaffe” mémorable dans le scénario, c’est au moment où Ferris s’indigne de la torture employée par les Jordaniens, alors qu’en réalité, il est de longue notoriété que les Américains y recourent aussi, à Guantanamo, comme à Abou Ghraïb. Moins grave certes, mais notable tout de même, les décors censés représenter la Jordanie (tandis que la film a été tourné au Maroc) trahissent le manque d’authenticité. De plus, le dialecte utilisé parfois est plus marocain que jordanien, et cela déteint négativement sur les dialogues plutôt réussis.
Bref, un film globalement plutôt réussi, surtout d’un point de vue technique, et je l’aurais considéré comme excellent, si ce n’étaient quelques défauts “de finition”.
Et maintenant, mes coups de gueule du moment :
- “La gauche décline”, et ce partout dans le monde. La social-démocratie s’est essouflée, à force de compromis et de demi-mesures, laissant à la droite des voix à glaner. Partout en Europe, on assiste à une dégringolade des partis de gauche, même avec la crise économique qui devait leur profiter, car semble-t-il, les partis de droite s’emparent des projets de réformes et les mettent à leur actif.
- Au Maroc, l’USFP rate le coche. Les congressistes élisent ainsi un certain Abdelouahed Radi, le plus ancien parlementaire perpétuel du Maroc, connu pour avoir été en excellents termes avec Driss Basri &co. Quoiqu’il sera obligé de tenir compte du document qui dresse un constat réaliste de la situation politique et requiert des réformes constitutionnelles (ce que reprend le bilan du congrès), on ne peut que douter de sa capacité à prendre de telles positions radicales. Bon Dieu, mais c’est un septuagénaire tout de même ! Ce congrès aurait tout de même été une réussite, dit-on…






“La gauche décline”
Tu vois, tu aurais dû continuer à bloguer.
Par Mhdi le novembre 21, 2008
à 2:15
content de te lire encore.
Par Mounir le novembre 21, 2008
à 5:38
Pauvre Radi. B9a fiyya meskine.
Tout le monde lui tape dessus bach yeberred j’nounou … lol !!!!
Par Annouss le novembre 22, 2008
à 3:38
@ Mhdi :
LOL, je n’établis jamais ce genre de corrélations
Sérieusement, elle décline depuis un bon bout de temps
@Mounir :
C’est un peu grâce à toi, je t’assure… Ça m’a fait réfléchir ce que tu m’a dis l’autre fois.
@Annouss :
Ben quoi ? je vais quand même pas prendre sa défense
Par Spy Jones le novembre 22, 2008
à 2:41
Salut,
Notre prof nous a demandé de voir ce film aussi.
Je l’ai beaucoup apprécié, surtout cette scène où Ferris déclare que le Coran n’incite point au meurtre des innocents ni au suicide, et que ces islamistes mal interprétaient le seul livre auquel ils croyaient.
Je te félicite pour ce billet complet, tu ne me laisse rien à commenter, puisque tu n’a négligé aucun détail.
Toutefois, je mentionne que je n’ai point appréciée une scène, celle où Aicha emmène Ferris au petit “restau”, et que ces deux femmes le toisaient comme un extraterrestre, en disant ” 7ma9 ! ”
As a conclusion, le film est bon a voir, accrochant avec son suspens et ses actions.
En un mot: Breathtaking .
Par rajaa le décembre 7, 2008
à 7:00
Oui, le dialecte leur a vraiment joué des tours dans ce film !
Par Spy Jones le décembre 8, 2008
à 1:02