Publié par : Spy Jones | juillet 1, 2008

Adventures with Moroccan administration – Part 1

Il s’est écoulé des jours et des jours avant que je réalise que mes récents démêlés avec notre damnée administration méritent d’être racontés, non pas à cause d’une quelconque nouveauté qu’ils apporteraient –we all know how it is…-, mais pour les commenter au fur et à mesure, et en tirer des leçons à même de m’éviter de nouvelle frustrations. J’avoue donc que ce n’est rien que de très personnel, et ceux qui n’ont pas de temps à perdre à lire des élucubrations égocentriques peuvent très bien passer leur chemin.

Acte 1 : Quand l’information devient un luxe…

C’était le mercredi 11, juste après l’examen régional, je décidais d’obtenir au plus vite un certificat scolaire indispensable à l’obtention de la C.I.N. Après en compagnie d’un ami, je me suis dirigé au Commissariat de police de Hay Hassani, célèbre sus le nom de « Ddar L’hamra » (littéralement « La maison rouge »). Là-bas, nous nous sommes adressés à deux policiers en uniforme qui officiaient au bureau d’accueil. Nous avons demandé la liste des pièces requises.. Il nous les ont listé oralement -une indication écrite est bien sûr impensable dans une administration marocaine-, en désordre, et par à-coups, i.e. la pire manière de donner des informations. Lorsque j’en vint à leur demander si j’avais le droit à « la carte » étant âgé de seize ans, ils ne surent répondre. Et pourtant je crois bien que des nuées d’adolescent avait dû poser cette question avant moi. Voulant nous expédier à tout prix, ils nous dirigèrent vers le chef, disaient-ils, de l’aile, flambant neuf, réservée à la carte nationale. D’emblée, je fus émerveillé par la modernité rayonnant des bureaux et des services. Mais la magie se dissipa instantanément quand je réitérait ma question à un autre fonctionnaire. « Les bureaux changent, les fonctionnaires restent », c’est ce que je devais me dire à l’instant où j’essuyais une réponse irréfléchie : la carte s’obtient à 18 ans, point à la ligne. Ils ne voulait pas trop parler, le bougre ! Je pris mon courage à deux mains, mû par la volonté de na pas baisser les bras face au système et à exercer mon droit à l’information. Nous cherchâmes donc patiemment ce chef, jusqu’à ce que, l’ayant enfin trouvé, nous reposâmes notre question. Un sourire narquois se dessina sur les lèvres de ce quadragénaire, qui était en pleine discussion avec un collègue, et alors nous eûmes droit à un spectacle des plus insolites, odd comme ont dit en anglais. Sans signe avant-coureur, il commença à réciter un article du code pénal qui explicitait les conditions d’obtention de la Bitaqat attaârif al-wataniyya, dans le style froid et dénué de tout interêt pour nous deux élèves de science maths. Et il déclama ensuite que « c’est bien de plaisanter avec les jeunes », c’est ainsi qu’il appelle son juridisme effronté, plaisanter. Remarquant à peine notre lassitude, il finit par nous délivrer en nous affirmant qu’il nous accueillerait avec plaisir pour qu’on obtienne la C.I.N. après qu’on ait préparé nos papiers. Lorsque je quittais ce commissariat, qui avait par ailleurs connu tant d’exactions des fameuses années de plomb, je ressentis un brouillamini de sensations, la plus distincte d’entre elle était la confusion…

To be continued…


Responses

  1. En même temps, il faut avoir un culot monstrueux pour prétendre passer les premiers examens du baccalauréat à 16 ans ! C’est une notion que Plouc-l’administration n’arrivera jamais à intégrer, lui qui avait une barbe fournie de salafiste au moment de signer la feuille de présence aux examens, lui qui a dû être 3 fois recalé avant que famille et amis ne puissent fêter en fanfare son triomphe au bac ! S’il l’a eu.

    Plus sérieusement, ce corps de métier est une véritable gangrène. Les toubibs se démènent pour sauver des vies, les architectes se tripatouillent les neurones pour accoucher d’un lotissement commode à destination des bidonvillois, les ouvriers crèvent par 40° de chaleur sur les chantiers routiers pour que le voyage nous soit moins atroce, en somme, on dirait que tous les secteurs d’activités au Maroc se développent et sortent de leur torpeur d’antan, TOUS SAUF l’administration. A croire que ces fonctionnaires nous aident à nous « auto-administrer », chacun d’entre nous vaquant à ses occupations et exécutant ses tâches de manière à ce que le recours à ce monstre de la paresse soit amoindri au possible. Libres à eux ensuite de disposer comme bon leur semble de leur temps et de l’argent des autres.

    Pourtant, l’administration est bien LE secteur à booster en premier. Après tout, ces gens-là sont chargés d’assurer le bon fonctionnement de l’ETAT. Je ne conçois pas que les différentes composantes d’un État puissent connaître un aussi remarquable essor sans qu’au préalable, l’entité qui sert à chapeauter tout ce bazar n’ait été modernisée, révolutionnée. J’attends la suite !

  2. Je te réponds paragraphe par paragraphe :
    C’est clair, l’administration ne prévoit jamais rien, elle se content de suivre des stéréotypes intemporellement figés.
    Tout à fait d’accord avec toi que l’administration doit être rénovée, mais comment ? telle est la question…
    D’autant plus que ce secteur revêt une importance capitale !
    La suite sera prochainement postée, dès que j’en aurais le temps…

  3. […] with Moroccan administration – Part 2 Je vous laisse, sans introduction, avec la suite de mes mésaventures avec l’administration marocaine […]

  4. Je suis bien content d’avoir mes 31 ans; sinon j’aurais été jaloux comme une blonde de te voir écrire dans un style pareil l’ami…
    L’administration je n’en parlerai pas plus que toi, t’as tout dit ou presque dans tes deux billets, et je crois que tu vas passer un beau 1/4 de gloire si je crois bien connaitre la réactivité de celle qui a commenté ce billet en premier🙂

    Ps : Coucou l’fassia !

  5. Je suis aux anges depuis que j’ai lu tes deux commentaires !

    Sinon, je suis encore trop néophyte pour comprendre vos clins d’oeils humoristiques entre initiés de la blogoma…

  6. Tu devrais dire créateurs de la Blogoma… lol je me jette des jardain moi, pas que des fleurs🙂 !

  7. Oups ! J’ai pas vraiment pesé mes mots, t’as raison…

  8. […] retournais illico presto au commissariat, pour rencontrer le “chef” qui m’avait promis monts et merveilles au début de l’aventure. Il me répondis le plus calmement du monde que je devais attendre […]


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