Publié par : Spy Jones | juillet 13, 2008

Adventures with Moroccan administration – Part 3

Pour mes nouveaux lecteurs et ceux qui ne suivent pas mon blog de manière régulière, ceci est la suite d’une série de billets concernant mes mésaventures avec l’administration :

Acte 3 : Police, quand tu nous tiens (entre tes mains) …

Après avoir obtenu la chahadate ssoukna (certificat d’habitat) de la mouqataâ, j’ai dû patienter jusqu’à ce que mes extraits d’actes de naissance, obtenus d’Azrou (la localité où je suis né), me soient parvenus, afin de requérir la chahadate ssoukna de la police.  Je me déplaçai dès lors en ce lundi 30 juin à l’arrondissement de police du domaine duquel je relève. Soit-dit en passant, j’habite tout près d’un commissariat, et au lieu que je puisse y demander ce foutu certificat d’habitat, je suis obligé de parcourir près de 900 mètres -Merci Google Earth!-, à cause d’une procédure red tape de plus. Mais je m’égare…

Arrivé à cet arrondissement, « kainziame » (XVème) de son surnom local, je remarquais le large espace sobrement intitulé « bureau des documents administratifs ». Plus qu’un bureau, il était sous forme d’un espace de réception, avec une paillasse qui sépare le fonctionnaire du citoyen, à laquelle était accolé une planche multi-usages, mais qui servait principalement d’entrepôt à documents et de défouloir pour bureaucrates énervés, c’est selon. Derrière, un table rudimentaire faisait office de bureau.

De prime abord, l’accueil fut convenable. Je m’adressai à un jeune policier en uniforme, lui expliquant ma situation. Il scruta les papiers que je lui présentai sans mot dire, puis remarqua qu’il manquait une photocopie du certificat de scolarité, et m’attribua un numéro en me disant de revenir le lendemain à 8h30. Cela me parut un peu excessif sur le coup d’attendre jusqu’au lendemain, mais j’imaginais que j’allais passer parmi les premiers. J’accusais donc le coup, au contraire de ma mère qui, allant de toute façon dans le coin, s’enquérit de la cause de ce petit désagrément. Un sauvageon de fonctionnaire mal léché lui répondit brutalement que ce n’étaient pas ses oignons (à ma mère), et qu’elle devrait « apprécier leurs efforts, eux qui en prennent sur leur temps ». Sans rire, n’a-t-il pas honte de mentir aussi effrontément, ce minable de première ?

Le lendemain donc je me présentais à 8h30, conformément aux directives. Un attroupement s’était déjà formé, avant même que l’administration n’ouvre. On a dû attendre près de 20 minutes avant que le même fonctionnaire qui avait outrageusement offensé ma mère, ne se pointa. Dix minutes étaient de plus nécessaires pour que la masse de gens qui n’avaient pas encore de numéro (pour le lendemain) soient servis. Débuta alors une longue attente (j’étais le 18ème) heureusement raccourcie par l’absence de plusieurs porteurs de numéros. Pendant ce temps, je me plus à observer le fonctionnement d’un arrondissement de police. Tout d’abord, il y a cette fumée de cigarettes insupportable qui empuantis l’air bloqué à l’intérieur du bâtiment. On entendait le vacarme assourdissant des machines à écrire antédiluviennes dont se sert encore notre « honorable » sûreté nationale, quoique j’entraperçus des ordinateurs sur les bureaux les mieux lotis. Un débarras était mal caché par une porte entrouverte laissant, à qui voulait bien la lorgner, la possibilité d’avoir un aperçu du capharnaüm qui régnait là-dedans. Un portrait géant du défunt roi Hassan II souriant, trônait sur une table. Qui eût cru que le temps puisse être figé à ce point-là ? Mais tout cela aurait été largement supportable si ce n’était le comportement manifestement haineux du fameux fonctionnaire. Cet indéboulonnable bonhomme renvoya aux calendes grecques tout personne demandant juste un numéro pour le lendemain… Comment peut-on espérer une quelconque amélioration des services publics, si de tels énergumènes persistent à leurs postes ? Fort à propos, le morceau « Supercaïd » de Hoba Hoba Spirit repassait en boucle dans mon lecteur MP3 imaginaire. Seul point brillant : une bouteille d’eau informellement mise à disposition des citoyens en ce temps de canicule. Je découvrais en même temps que les policiers étaient des agneaux doux par rapport aux fonctionnaires véreux…

Finalement, je remis les documents à cet imbécile de fonctionnaire, et reçus le certificat deux jours après, en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire. Il était temps… Je me faisais déjà du souci de ce que serais la procédure d’obtention de la carte nationale, l’objet de toute cette agitation !

Prochainement,  le quatrième épisode, plus surprenant que jamais ….

P.S. : Je m’excuse pour les éventuelles fautes d’orthographe ou de langue, je n’ai pas eu le temps de bien vérifier le billet


Responses

  1. Bien venu dans l’administration marocaine !
    Tu viens tout juste de commencer. Il te reste encore le permis de conduire et le passeport. Sans parler des autres papiers dont on a besoin de temps en temps.

    Concernant ce fonctionnaire manquant de civisme pour ne pas dire autre chose, il aura fallu le remettre à sa place. Il y en a tant que tu ne leur as pas montré que tu connais tes droits et traitent les citoyens comme des moins que rien.

    En général quand je vais dans une administration, je parle tjrs avec un excès de politesse. Quand le fonctionnaire se montre insultant ou incompétent je le remets illico à sa place. Mais, je rappelle tjrs avec fermeté mes droits tout en restant super polie. Et à chaque cette même personne devient d’un coup gentille voire même serviable !!! « Al 7oguera » est malheureusement très répondue chez nous.

  2. T’inquiètes pas ! J’ai bien conscience que ce n’est rien, mais bon, je me défoule en dramatisant les évènements.

    Tu sais, je l’aurais bien remis à sa place ce fonctionnaire, si ce n’est un handicap de taille : je n’ai que 16 ans. Même avec toute la politesse du monde, je suis sûr d’être chassé à coup de matraques, si jamais il s’énerve trop, j’exagère à peine…Tout ça pour dire que, de ma position, c’est mission imposible.

    Sur ce, à bientôt et que Dieu te préserves de devoir affronter notre administration aussi longtemps que possible !!

  3. maintenatn je suis en route pas la peine de commenter mais je suis fier de ton blog ça commence a s’enrichir ..continue.

  4. Merci infiniment Tayeb, je suis honoré par ton commentaire encourageant !

  5. Si ça te peux consoler l’administration française n’est pas mieux . La preuve :
    http://www.larbi.org/post/2006/11/02/280-defeminisez-moi

    maintenant que je me suis fait un peu de pub chez toi je peux en rajouter un peu. Quand on a pas l’habitude c’est toujours une épreuve l’administration. L’autre fois au maroc j’ai eu un blocage il y avait une femme fonctionnaire je savais pas qu’est ce que je peux lui donner en titre. Alors je lui dis « A chriffa braytt bita9atta….. » . Et quand la dame a entendu chriffa il a hurlé et commencé à me donner une leçon de politesse comme quoi « a chriffa ….» on le dit uniquement aux « charfattes » et que j’avais pas raison d’utiliser ce titre pour s’adresser à une jeune femme comme elle. Et c’ en est parti pour 15 minutes minimum. Alors j’ai fait comme d’hab : profil bas en priant Dieu que mon calvaire dans cette administration se termine le plus tot possible. Quand je suis sorti c’etait comme si on m’avait libéré de prison.
    Depuis j’ai banni « a chriffa.. » de mon vocabulaire🙂

  6. Ton aventure est bien plus cocasse que la mienne, qu’on doute de sa masculinité d’un homme, c’est bien la pire des insultes ! Même si, entre-temps, on doute de la vie même d’un citoyen à travers le fameux « certificat de vie », au plusbeaupaysdumonde…

    Pour ce qui est de cette fonctionnaire qui s’est offusquée parceque tu lui as dit « chrifa », je crois que c’est juste qu’elle était de mauvaise humeur, ou qu’elle voulait t’humilier pour le fun…tu pouvait dire « lalla » elle t’aurait sortie le même reproche. Ne parlons même pas de « madame », vue sa connotation en darija …

    PS: Attends, tu rigoles ? C’est plutôt moi qui fais toujours de la pub chez toi🙂

  7. Oh ! cet effronté de fonctionnaire ! Il ose prétendre qu’on devrait apprécier son travail !!
    Heureusement, je n’ai jamais affronté notre administration ! Peut etre l’an prochain quand j’aurai besoin de carte nationale ^^ !
    j’ai hate de lire le quatrieme épisode😉 !
    a+ =)

  8. La veinarde !🙂 mais tu vas bientôt devoir affronter ces monstres …
    Pour le 4ème épisode, dès que j’aurais écrit deux ou trois autres billets, je le posterais

    à bientôt !

  9. […] with Moroccan administration – Final Part Je vous promettais il y a 2 semaines, de narrer l’ultime péripétie de mon “combat” pour obtenir la […]


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