Publié par : Spy Jones | juillet 25, 2008

Adventures with Moroccan administration – Final Part

Je vous promettais il y a 2 semaines, de narrer l’ultime péripétie de mon « combat » pour obtenir la C.I.N. Là voici enfin :

Acte 4 : Circulez, il n’y a rien à voir …

Ce lundi 30 juin, je me levais de bonne heure, conscient de la rude tache qui m’attendais. Je fus dès lors en proie à une sourde anxiété, semblable à celle qui me dominait à l’approche de tout évaluation un tant-soit-peu déterminante. Pendant que mon père et mon grand-père maternel me prodiguaient des conseils variant entre l’utile et le superflu, j’essayais de me préparer psychologiquement à une attente qui promettait d’être longue et semée d’embûches. Je sortis auréolé de la bénédiction familiale, direction le commissariat de police à quelques dizaines de mètres de chez moi. J’apostrophais un policier avant d’entrer « Chrif, est-ce qu’il faut acheter un timbre ou est-ce que les 75 dhs étaient payés sur place ? » Il confirma la deuxième option, me demandant par la même occasion si j’avais un rendez-vous. « C’est nouveau ça ! Un rendez-vous rien que pour soumettre les documents ?? » pensais-je à ce moment-là. Je pus me frayer, quoique difficilement, un chemin parmi ceux qui avaient déjà un rendez vous et qui étaient rassemblé à l’entrée, pour déboucher sur la file d’attente, déjà assez longue, dédiée à ceux qui en demandait un. Ces lève-tôt était entrain de dicuter, pour tuer le temps. Deux séxagénaires se lamentait sur l’état de l’urbanisme au Maroc, en affirmant que des bâtiments historiques se dégradaient d’une façon spectaculaire. Stigmatisant les autorités selon eux coupables de négligeance et même d’avidité, ils énuméraient les bâtiments dégradés naturellement, ou démolis par quelque responsable corrompu. Cette discussion tournant rapidement aux sempiternelles jérémiades sur le manque de civisme des marocains qui, si elles comportent une large part de vérité, demeurent dénuées de toute forme de nuance et habillées d’une arrogance détestable -absence totale d’autocritique-. La file adjacente, reservée aux représentantes du sexe féminin, était en tous cas beaucoup plus animée, et les commérages et autres discussion banales me parvenait fréquemment à l’oreille. Il était 9 heures et le fonctionnaire chargé d’attribuer les rendez-vous n’était pas encore… au rendez-vous ! En proie à ma paranoïa comme quoi j’aurais oublié une pièce requise, j’établis un contact avec un des séxagénaires cités plus haut, lui demandant ensuite plus d’infirmations à propos des étapes suivantes. Il s’avéra aussi ignorant que moi, les formalités ayant changé pendant les dix ans au cours desquels il n’eut plus affaire à la sûreté nationale…

9 heures 15. IL arrive enfin. Tout s’accélère, ou presque. La file devant moi étant encore longue, et la vérification des papiers de mise pour chacun, je continuais à me promener du regard. Une dispute qui éclata dans le rang des femmes, m’offrit l’occasion de me distraire. Sur le point d’en venir aux mains, la quadragénaire et la jeune furent séparées par un policier finalement très correct, qui usa d’un tact certain pour les dissuader de perdre leur sang-froid en public. Mon tour approcha, et je laisser ballader mes yeux pour satisfaire ma curiosité malsaine, ce qui me valut un rappel à l’ordre du fonctionnaire. Finalement, je pus lui présenter mes documents. Il les scruta, me demanda si j’étais né en 92, et me déclara, avec nonchalance : « 7ta l3am ejjay » -traduisez « jusqu’à l’année prochaine »-. Je restais estomaqué, et déjà la file avançait. Je fis mine de protester, il n’en avait cure. Je retournais presque chancelant à la maison, tellement j’étais frappé de stupeur…

Je retournais illico presto au commissariat, pour rencontrer le « chef » qui m’avait promis monts et merveilles au début de l’aventure. Il me répondis le plus calmement du monde que je devais attendre jusqu’à la rentrée pour disposer d’un certificat scolaire prouvant que je suis en 2ème année bac. Le comble de la bêtise, oui ! Malgré mes relances, je n’ai obtenu qu’une vague promesse pour la rentrée scolaire… Moi qui voulais me débarasser de ce fardeau une fois pour toutes, voilà qu’il me poursuivra malgré tout !

Terribly deceived !


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